Traduit par Soesic
Une nuit sombre de novembre. Un petit parc dans la banlieue de Dublin. Un laboratoire avec une seule fenêtre éclairée à l’étage supérieur. Deux voitures sous la fenêtre. À côté un petit étang longe d’arbres, aux bords froids et humides. Une fillette de huit ans dans ses plus beaux vêtements est assise en arrière de Trackaway. Elle et son énorme chien Saint-bernard sont tous les deux couverts de boue. Elle se blottit contre lui pour se réchauffer.
« Ce soir nous retrouverons mon Papa, Trackaway. Je suis sûr de ça.»
Elle regarde les étoiles. La voute du ciel nocturne semblable au dôme d’une cathédrale magnifique.
« Toi aussi tu vois les étoiles, Trackaway ? Je n’en ai jamais vues autant ! Il y en a des millions et des millions. »
Elle roule sa tête dans la chaude fourrure du chien, scrutant la plus brillante étoile, et elle en découvre une autre, grande et rouge, en bas de l’autre côté de l’étang, juste au-dessus des arbres sombres, détachant sa silhouetté contre le centre-ville illumine, lorsque tout à coup, elle aperçoit quelque chose qui clignote dans le ciel. Quelques instants plus tard elle en voit une autre.
« Regarde Trackaway ! Des étoiles filantes! »
Catriona n’est jamais sortie si tard pour son anniversaire. Elle n’avait encore jamais vu, ni entendu parler, de la pluie de météores des Taurides. Elle ne savait pas que chaque année a cette époque, pendant quelques jours, la terre traverse un essaim de poussières laisse par la comète Encke. Tout ce qu’elle sait, c’est que toutes les minutes il y a une, ou parfois plusieurs étoiles filantes, toutes provenant d’un point unique près de la grande étoile rouge que les astronomes appellent « Mars ».
« Quel magnifique cadeau d’annivers… »
Elle s’arrête, le souffle coupé par une lumière qui traverse les branches d’un bouleau argenté, dont les brindilles brillantes atteignent le ciel noir comme des doigts bleu-pale.
« Regarde, Trackaway ! Une étoile filante tombe là-bas!"
Ravie , elle suit la lumière qui s’avance au-delà du bouleau et voyage à travers les plus basses branches d’un pin, projetant des ombres bleu-vert ainsi que des elfes voyageant et dansant a la cime des aiguilles. Ses yeux fascines la suivent au creux du petit taillis essayant de voir où elle atterrit exactement afin de pouvoir le dire a son pere.. Elle imagine Trackaway flairant l’étoile et les guidant vers elle.
« Papa sera vraiment heureux avec nous! »
La lumière éclaire rapidement les arbres et semble disparaitre. Levant la tète, Catriona aperçoit un petit rond de lumière pale, bleu-vert, glissant furtivement sur l’herbe en direction de l’étang. Frissonnante , elle se pelotonne contre son chien.
« Elle se dirige tout droit sur nous! »
La queue de Trackaway éclabousse l’eau d’un régulier clap, clap, clap. Quoi qu’il arrive , Catriona sait qu’il la protégera, mais elle se prépare quand même a fuir si la lumière s’approche trop près. Avec une appréhension croissante, elle l’observe franchissant l’autre rive et commençant à passer par-dessus l’étang, puis clignotant ainsi que des feux-follets dansant en rondes légères a la surface ridee des eaux.
Quelques vieux roseaux bruns s’éclairent ainsi qu’un sac en plastique blanc flottant prés de l’ile au milieu de l’étang.
Puis derrière elle, la porte du laboratoire claque. La lumière s’immobilise et se fixe dans l’air au-dessus de l’île. Pendant quelques secondes elle l’observe, stupéfaite.
« Est-ce réellement une étoile filante ? chuchote-t-elle. Ou bien des extraterrestres! Cette grosse étoile rouge pourrait être leur vaisseau spatial ! »
Ses doigts s’agrippent à la fourrure de Trackaway. L’anniversaire surprise pour papa devient un cauchemar qu’elle n’oubliera jamais. Comment le pourrait-elle ? C’est son huitième anniversaire. C’est le jour ou elle "s’efforça de rassembler sa famille désunie et de rapprocher ses parents. C’est le jour qui changea sa vie entière, le jour qui scella son sort. Et dire qu’elle avait été si joyeuse lorsqu'elle s'etait reveillait ce matin.
Elle frissonna dans son pyjama au contact de l’air froid de novembre, lorsqu’elle rejeta sa couette et se leva, pressée de compter ses cadeaux. C’était une tradition chez les O’Brien de n’ouvrir ses cadeaux de Noel ou d’anniversaire qu’après l’heure du the dans la soirée, mais cela n’empêchait pas de les compter des le matin ! Elle bondit à travers la chambre à coucher jusqu’a la porte et la, apercevant le portrait de son père, elle s’arrêta net et se figea.
Papa ne sera pas la ce soir pour me regarder ouvrir mes cadeaux. Aurai-je même des cadeaux ? Maman pourrait avoir oublié de m’en offrir !
Elle se retourna, se laissant retomber sur son lit et tira la couette sur sa tête. Ça serait son premier anniversaire sans papa depuis qu’il était parti. Maintenant il ne restait plus que sa mère et elle ; et sa mère, la plupart du temps était absente.
Il est vrai que papa n’avait jamais passé beaucoup de temps avec elle, et aussi, qu’il n’était pas la personne la plus facile au monde avec qui parler, mais au moins il lui offrait des cadeaux et la défendait lorsque mère se plaignait d’elle. Catriona savait qu’il l’aimait, même s’il ne le montrait pas souvent.
La porte de la chambre s’ouvrit et elle sentit quelque chose de lourd s’appuyer sur son dos. Elle se retourna pour jeter un coup d’œil, puis plongea son regard dans les yeux pleins d’amour de son énorme Saint-bernard. Elle enveloppa ses bras tout autour de son cou.
« En tout cas toi tu m’aimes toujours. Pourras-tu m’aider à retrouver mon papa, Trackaway? »
Il pencha de cote sa tête énorme et dressa une oreille comme s'il comprenait.
Et c’est alors qu’elle eut une idée géniale.Partir faire une longue marche, une longue promenade solitaire, étant une enfant unique elle avait l’habitude de décider les choses par elle-même. Elle bondit hors du lit et commença à s’habiller rapidement. Elle se sentait déjà mieux
Ce matin a l’école ,elle n'avait rien appris. Son professeur M. Fitzpatrick ne cessa de lui poser des questions, d’un drôle d’air, mais elle l’avait ignore pour mieux réfléchir à son plan.
Dans l’après-midi , il s'etait assis pres d'elle et lui avait demande d’écrire une histoire pendant que les autres enfants faisaient des maths et de l’histoire. Elle ecrivit alors une longue histoire, celle d’une petite fille qui partit se promener avec son chien pour son anniversaire, et retrouva son papa qui avait quitté la maison.Elle lui joua un tour et finalement la petite fille, son papa adore et sa jolie maman vécurent heureux pour toujours.
M. Fitzpatrick lut l’histoire, hocha la tête et dit: « J’espère que tu ne ferais jamais une chose pareille, Catty, n’est-ce pas?
—Non, surement pas, Monsieur Fitzpatrick. C’est juste une histoire. »
Plus tard dans l’après-midi elle rentra chez elle comme d’habitude avec un groupe d’amis et leurs mères. La sienne n'etait pas parmi elles naturellement. Elle se trouvait encore dans le studio de télévision, se tenant prête pour l’émission de « T-Time Show » ; mais tous savaient déjà que Catriona ne donnerait pas de fête cette année car son père n’était plus chez elle, ainsi il lui fut facile de s'echapper prétextant que sa mère avait prévu pour elle une soirée spéciale.
Il y avait une grosse boite sur la marche d'escalier avec l’écriture de son papa sur l’étiquette. Elle la porta a l’intérieur de la maison sans l’ouvrir, la déposa parmi les autres paquets, se changea convenablement, puis lâcha son chien fidele en lui disant: « Allons chercher papa » et elle se mit en route le long des berges sud de la rivière Liffey, plus excitée et joyeuse qu’elle ne l’avait jamais été auparavant.
Il lui fallut un bon moment pour traverser Dublin, protégeant ses yeux de la lumière rasante du soleil d’automne, mais elle n'etait pas pressée. Elle savait que son père ne quittait jamais son travail avant six heures. Elle laissa le Saint-bernard renifler les "lampadaires" autant qu’il le desirait. Le soleil s'etait deja couche et le ciel s'assombrissait lorsqu’elle atteignit le parc qui entourait le laboratoire. Elle marcha parmi les arbres, dépassant le petit étang, jusqu’au bâtiment et leva les yeux vers le dernier étage. Elle comprit que son père était encore là car il y avait toujours de la lumière a la fenêtre de son bureau juste sous le toit , sa voiture était garée sur le parking et elle pouvait apercevoir le contour de la carte qu’elle avait avait fixe au mur au dernier Noel.
Elle ne voulut pas entrer et le déranger. Cela risquerait de le fâcher et elle ne le souhaitait pas. Et puis de toutes façons elle avait un peu peur du travail de son père. Il l’avait emmenée une fois dans son labo pour lui montrer ce qu’il appelait « l’accélérateur ». C’était un très long tuyau métallique horizontal, semblable à un canon géant. Il lui expliqua qu’un faisceau de petites objets etaient propulses tout le long a l’intérieur. Comment les appela-t-il déjà? Lectons ou bien quelque chose comme ca. L’idée d’être frappée par ces choses invisibles lui donnait. parfois des cauchemars.
Elle trouva une cachette prés de la porte. Les gens commencèrent a sortir un par un, ou par deux, se souhaitant bonne nuit et se dirigeant vers leurs voitures garées prés de l’étang. Elle s’accroupit contre la porte et attendit, chuchotant a l’oreille de Trackaway.
« Nous bondirons pour le surprendre. Maintenant il est trop tard pour rentrer chez nous, alors il devra nous reconduire en voiture, n’est-ce pas?
Le chien remua sa lourde queue.
—Et je le supplierai de rentrer pour me regarder ouvrir mes cadeaux comme il l’a toujours fait.
Elle voyait déjà son père et sa mère, se tenant tout presl’un de l’autre pour l’observer.
—Il s’apercevra que maman et moi sommes bien plus jolies que cette autre femme.
Juste avant de la déchirer, sa mère lui avait montre la photo de cette femme. Catriona ne pouvait pas à comprendre comment son papa pouvait quitter une belle femme comme sa mère pour quelqu’un de si laid.
—Alors je le supplierai de rester a la maison et toi tu aboieras, et lui il se mettra à rire , et il demandera pardon,et maman lui pardonnera , alors il restera avec nous et ce sera mon plus beau cadeau d’anniversaire pour toujours ! Tu n’oublieras pas d’aboyer n’est-ce pas, Trackaway? »
Trackaway poussa un aboiement sonore. Un homme en train de descendre les escaliers les aperçut et marmonna quelque chose mais Trackaway gronda et Catriona se dissimula dans un coin et se cacha jusqu’a ce qu’il parte en voiture. Il lui fallait trouver une meilleure cachette.
Elle alla voir si la voiture de son père était ouverte, mais elle était fermée. Il faisait vraiment sombre à présent. Elle entendit Trackaway s’ébattre dans l’étang. Elle le rappela « Sors de la ». Son père lui avait dit combien cet étang était profond et dangereux. Ce fut lorsque Trackaway remonta sur la rive, se secouant pour se faire sécher, qu’une nouvelle idée géniale se fit jour dans sa tête.
Elle tira le chien par son collier pour le ramener hors du bord pentu et le fit coucher. Bien a l’abri de l’eau elle s’étendit derrière lui et attendit. A chaque fois que la porte du labo claquait ses yeux cherchaient à voir si c'etait son père, mais ce n'etait jamais lui.
Le sol de la berge était dur et froid. Apres avoir attendu ce qui lui paraissait être des semaines, son estomac se mit a gargouiller et elle se sentit tout a fait malheureuse. Il ne restait maintenant plus que deux voitures, celle de son père et une autre. Trackaway etait bien sec a présent et elle s’allongea contre lui en essayant de se réchauffer. Elle jetait toujours un œil sur la fenêtre éclairée de son père. Elle ne pouvait pas très bien voir, mais le peu qu’elle voyait de son bureau suffisait à la réchauffer.
« Nous allons ramener mon papa cette nuit, Trackaway. J’en suis sure. » Ce fut au moment ou elle vit la grosse etoile rouge et les etoiles filantes ,qu'elle apercut cet objet bleu flottant vers elle au-dessus de l’étang et entendit claquer la porte. La lumière bleue s’immobilisa, flotta un moment puis descendit rapidement, avant de se poser sur l’ile et disparaitre.
« Les étoiles filantes ne peuvent vraiment pas faire une chose pareille. Qu’en penses-tu? »
Elle scruta fixement par delà la berge, priant pour que ce soit son père, mais une femme était en train de traverser le parking. Catriona fut sur le point de l’appeler pour lui demander de l’aide, lorsque la lumière venant de la fenêtre de son père éclaira son visage redoute et Catriona réalisa alors que c’était la MECHANTE FEMME.
« Il m’est tout a fait impossible de LUI demander de l’aide. C’est notre ENNEMIE. Elle devait être avec papa, seule avec lui dans son bureau! »
Le cœur plein d’indignation et rancoeur , elle oublia complètement l’étoile filante pour un moment. Elle regarda la femme entrer dans sa voiture puis démarrer, ne laissant plus que la voiture de son père a l’extérieur du bloc du labo.
Puis la pale lumière bleue traversa le ciel étoilé survolant la tète de Catriona et elle vit pour la première fois l’ombre indistincte d’une chose qui se déplaçait derrière, une petite forme sombre qui transportait la lumière, masquant les étoiles tandis qu’elle traversait le parking et volait droit vers la fenêtre du bureau de son père situee a l'etage superieur du labo. Elle stoppa quand elle atteignit la fenêtre éclairée et Catriona ne pourra jamais oublier la terreur qu’elle éprouva quand elle la vit suspendue en l’air juste devant la fenêtre, sa silhouette se profilant contre la lumière jaune.
Elle vit la forme caractéristique d'un etre humain aux bras déployés tenant la lumière bleue dans ses mains. Il scrutait l’intérieur de la fenêtre d’un telle façon qu’elle ne distinguait pas son visage, mais elle etait certaine que c’était bien un homme et non pas un extra-terrestre.
Elle leva les yeux sur lui fixement, sideree. Comment pouvait-il voler comme ça? Il ne semblait pas avoir d’ailes. C’était sans doute un homme de l’espace ! Il se balança dans l’air quelques secondes regardant a l’intérieur du bureau. Soudain Catriona eut une révélation qui dévoila entierement le mystère.
L’homme devait travailler dans les labos! Papa l’aidait sans doute en utilisant ses rayons de lectons. Ce devait être top-secret. C’est pourquoi l’homme tâchait de sortir la nuit afin que personne ne le voie. La lumiere l’aidait à retrouver le chemin des labos. C’était évident! Tout était clair à présent! Et c’était la raison pour laquelle papa avait quitte la maison! Les services secrets ne le laissaient pas rentrer de peur qu’il ne leur livre le secret!
Catriona commença a se détendre, la peur faisant place a la culpabilite .Pauvre papa ! Et cette femme, elle pourrait être…
Et puis Catriona a aperçut l’homme volant tirer d’une main quelque chose hors de sa poche et la pointer au travers de la vitre.
Tremblant d’effroi elle comprit que c’était une arme. Elle aurait voulu crier mais elle resta sans voix en apercevant un nouvel objet volant rapidement et silencieusement a travers le parking vers la fenêtre éclairée. Son corps était zébré de rayures noires et jaunes et sa tête avait deux gros yeux. Il ressemblait à une abeille géante. Ce devait être une plaisanterie, quelqu’un vêtu d’une sorte de déguisement. Ils avaient du s’amuser en volant avec les lectons.
Ca ne peut pas être une véritable abeille. C’est trop gros, bien plus gros( que l’homme : qu'un homme), et ca ne bourdonne pas.
Ses ailes ne remuent même pas! Elles sont simplement repliées sur son dos et ses pattes de devant tiennent une chose bleue, pareille a celle de l’homme. Les vraies abeilles ne peuvent pas faire ca! Et le pistolet est surement un jouet. Il s'agit d'une plaisanterie avec papa.
Mais ce qui se passa ensuite prouva que ce n’était pas un jeu. L’abeille fondit en pique sur l’homme et le saisit de ses pattes arrière. Le coup de feu détona, la fenêtre vola en éclats et Trackaway bondit, en aboyant comme un fou. Catriona dégringola le talus. Elle parvint de justesse a s’arrêter pour ne pas tomber a l’eau. Se tournant vers le chien courant et aboyant , elle l’aperçut de l’autre côté de l’étang pourchassant l’abeille qui transportait l'homme- a travers les arbres, son corps inerte suspendu a ses pattes arrière tandis qu’elle volait de plus en plus haut dans le ciel nocturne vers le vaisseau spatial jusqu’a ce qu’elle fut hors de vue.